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Publié par : Journal le soleil
Date de publication : Tuesday 12 May 2020

Ecole supérieure polytechnique : Un dispositif pour produire du carburant avec des déchets plastiques mis en place

Une équipe de chercheurs sénégalais a fabriqué un dispositif permettant de produire du carburant à partir des déchets plastiques par la méthode de pyrolyse. Ces chercheurs se concentrent maintenant sur la stabilisation de ce procédé. L’enseignant-chercheur Cheikhou Kane, qui a approfondi ses connaissances à l’Université de Purdue, où a étudié Neil Armstrong, l’astronaute qui a posé ses pieds sur la lune le 21 juillet 1969, a levé le voile sur cette découverte, en attendant sa présentation aux plus hautes autorités du pays.

L’enseignant-chercheur Cheikhou Kane n’est pas prisonnier de son calendrier chargé au Département de Génie chimique et Biologie appliquée. Il allie enseignements et recherches et gère le service de la vie estudiantine. Il s’est libéré de son stress : un indice de sa corpulence contrastant avec le physique des personnes qui sont dans un stress permanent. Cheikhou Kane entretient le flambeau de rayonnement de l’Esp (ex-Ensut). C’est une dette morale. Il doit beaucoup, sinon tout à cet établissement. « J’ai fait toute ma formation à l’Esp », clame l’ingénieur en Génie chimique. C’est un abus de langage de sa part, puisque c’est en France qu’il fait son Master II en Génie des procédés et de l’environnement. « J’ai enchainé avec mon Doctorat que j’ai obtenu en 2005 », se présente l’ingénieur. C’est à l’Université Paul Sabatier de Toulouse III qu’il a défendu sa thèse. A l’Université de Purdue, aux Etats-Unis, il s’est intéressé à la simulation du procédé thermochimique « Sulfur Iode) (Si) à haute température pour la production d’hydrogène en Aspen plus pour ses études post-doctorales. C’était entre 2007 et 2008. Après des études dans ces domaines pointus, il sera recruté comme Maître de conférences en Génie chimique à l’Esp. Ici, il dispense des enseignements en phénomènes de transfert en 2ème année d’ingénieur Génie chimique et agroalimentaire, en Conception des procédés assistée par ordinateur (Cpao) en 3ème année ingénieur, en Calculs numériques pour les étudiants en 1ère et 2ème année ingénieur Génie chimique et agroalimentaire, alors qu’en Master II Recherche, Génie des procédés et de l’environnement, il intervient sur le bilan matière.

Son calendrier pédagogique chargé ne l’empêche pas de se pencher sur les goulots d’étranglement du développement du continent. Cheikhou Kane, comme la plupart des Sénégalais qui ont poursuivi leur formation dans les pays développés, nourrissent l’ambition de transposer les avancées techniques et technologiques en Afrique. Ce n’est pas un rêve. La science n’est pas l’apanage d’une race, d’une ethnie, d’un continent. Le Pr Cheikh Anta Diop avait déjà démontré que l’Afrique était aussi le berceau…des sciences. Une nouvelle preuve de cette assertion. Au Sénégal, M. Kane et d’autres enseignants viennent de faire une découverte très intéressante. Ils sont parvenus à produire du carburant avec des déchets solides grâce à un dispositif qu’ils ont fabriqué à l’Esp. Cette nouvelle découverte suscite tous les espoirs. L’établissement travaille à le présenter aux autorités, notamment au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le Pr Mary Teuw Niane. « Il y a une étudiante qui avait travaillé sur l’utilisation des déchets plastiques pour le pavage. Dans le domaine du Génie des procédés, on s’est dit est-ce qu’il ne faudrait pas aller vers des méthodes complémentaires qui permettent de transformer le plastique en carburant », explique Cheikhou Kane. Le procédé est exotérique pour les non-initiés.

Les principes du procédé:

Les chercheurs qui ont conçu leur propre dispositif ont chauffé l’oxygène jusqu’à 500 degrés. Les fumées issues de la combustion sont récupérées et refroidies dans un échangeur de chaleur. Après ce premier contrôle, les ingénieurs vont faire un autre calibrage par rapport aux produits dérivés. « Il s’agit juste de faire la pyrolyse, chauffer le plastique à l’abri de l’oxygène, autour de 500 degrés. Ces fumées qui s’y dégagent sont refroidies dans un échangeur de chaleur pour contrôler la température. Par rapport aux produits désirés, on va fixer le débit. Là on aura le kérosène et l’essence. On a réussi à concevoir le dispositif et à le réaliser », détaille le chercheur.

Les tests sont concluants, même-si la méthode et le dispositif fabriqué par des ingénieurs sénégalais restent à être affinés. « Nous avons fait les premiers tests, nous avons eu du carburant », a révélé l’universitaire. Les chercheurs sénégalais se concentrent sur des gaz incondensables. Cette méthode n’est pas polluante. Le bilan carbone, assurent les universitaires, est négatif. En dépit de cela, la réflexion va se poursuivre pour mieux contrôler la température à la sortie. « Avec un kilogramme de plastique, on arrive à récupérer jusqu’à 70 % de carburant. Nous avons 30 % de gaz incondensables », renseigne l’enseignant. Une nouvelle alternative aux énergies fossiles. Cette fois-ci, l’invention n’est pas l’œuvre d’universitaires, d’ingénieurs ou d’électrotechniciens occidentaux, asiatiques ou sud-américains. C’est au Sénégal qu’une équipe de recherche a fait la découverte. Il reste à savoir si les institutions nationales ayant en charge l’application des résultats de la recherche et la promotion scientifique donneront un élan populaire à un tel progrès scientifique.

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